L’origine du perçage d’oreilles 4 mai 2008
Posted by Claudia in Anthropologie, Culture et mode de vie québécois, Divers, Parenté et organisation sociale, Réflexions, Santé, Sémiotique de la culture.Tags: Amérique Latine, baptême, chrétien, commère, compère, compérage, Europe, France, Italie, marraine, Moyen-Âge, oreilles, parrain, parrainage, perçage, perçage d'oreilles, pirates, rite, rite de passage, rituel, séduction, sexualité
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Dans les pays occidentaux dans les sociétés chrétiennes, on pratiquait ce qu’on appele le compérage. Je dois préciser d’abord que j’emploie l’imparfait pour conjuguer le verbe pratiquer car le compérage avait un côté beaucoup plus ritualisé (c.a.d. s’accompagnait de rites) avant la fin du Moyen-Âge et se pratique de moins en moins de cette forme de nos jours. Quoiqu’on peut retrouver encore le compérage ritualisé en Amérique Latine, l’Europe méridionale ou encore, l’Italie.
Mais, qu’est-ce que le compérage? Le compérage, c’est le lien entre les parents d’un enfant et son parrain/marraine. Donc, supposons que vous choisissez un parrain et une marraine pour votre enfant, ils deviendront votre compère et votre commère. Vous le devinerez, le choix de parrains était essentiel lors du baptême de l’enfant; mais, il n’y avait pas seulement lorsque l’enfant était baptisé que l’on pouvait lui attribuer des parrains et des marraines. D’autres moments bien précis de sa vie pouvaient être utiles pour se chercher des compères supplémentaires parce que ce lien de compérage amène une certaine obligation d’assistance mutuelle, de solidarité vis-à-vis tous les individus impliqués dans cette relation. Alors, ce genre de relation était, bien entendu, très recherché. De ce fait, la première coupe d’ongles ou de cheveux pour les jeunes garçons était une bonne occasion; et le perçage d’oreilles chez les jeunes filles également.

Le perçage d’oreille chez la fillette se faisait aux alentours de ses 2 ans (En France et en Italie, on le faisait entre 3 à 7 ans) et était accompagné d’une petite fête pour cette occasion. La boucle d’oreille fait référence à deux registres de la féminité : la séduction et la physiologie féminine (les oreilles particulièrement courbés et le bijou qui donnait de l’ampleur à ces courbes, j’imagine!). On considérait le perçage d’oreille comme une épreuve initiative par lequel la fillette devait obligatoirement passer. Et c’était la commère d’oreilles, une marraine spéciale, qui effectuait le perçage. Bref, cette pratique était un rite de passage où on lui confirmait son identité sexuelle [ cr0vax a presque vu juste! ; ) ]. Au fils des ans, on changeait les boucles d’oreilles et les gens pouvaient savoir l’âge approximatif de la jeune fille selon la sorte de bijou qu’elle portait. Apparemment que le perçage d’oreilles permettrait d’avoir une vision perçante. Est-ce la raison pour laquelle les pirates se perçaient une ou les deux oreilles: pour voir encore plus loin à l’horizon?…
Source : FINE, AGNÈS, 1995, «La parenté spirituelle, lieu et modèle de la bonne distance» : 51-81, in F. Héritier-Augé et E. Copet-Rougier (dir), La parenté spirituelle : textes rassemblés et présentés. Paris/Bâle : Éditions des archives contemporaines.



Merci de l’info, très intéressant!
content que tu sois de retour avec tes chroniques anthropologiques toujorus très il y a quelques année apprécié ……… il y a quelques années lors de mon voyage au Pérou nous avions dormi dans un village des aborigènes Péruvien (descendant du peuple de l’Inca) et nous avions assisté par hasard à la première coupe de cheveu d’une fillette du village avec tout le rituel s’y rattachant. Je me souviens que pour l’occasion il avait fait cuire des oeufs ce qui était très rare dans ce village parce qu’ils étaient très pauvre (il n’y avait qu’une toilette commune pour ce petit village d’une soixante d’habitants) Je me souviens que j’avais été intimidé dans la cérémonie parce que l’on comprend vite que c’est quelque chose de très intime pour eux ( un peu comme notre baptême) et durant la cérémonie ils nous on offert aux membres du groupe de nous approcher et de couper une mèche de cheveu de la fillette. Quand je me suis approché pour couper un mèche je shakais tellement c’était comme bizarre.
Je sais aussi que le tatouage était pour plusieurs tribu un rite de passage masculin
@Renart : Merci, fait plaisir
@Y-Man : Intéressant! Haha! J’avoue que parfois, surtout quand on ne connait pas nécessairement le rite, ça peut devenir quasiment intimidant d’y assister.
Paraitrait que l’exposition d’un corps (suite au décès de quelqu’un là!) c’est une chose ouvert au grand publique au Bali, si je ne me trompe pas. Certaines personnes vont même aller chercher des gens pour les inviter à la fête spéciale qui s’accompagne à l’exposition/l’hommage à la personne défunte. Disons que ça devrait être spécial de se faire interpellé par un étranger pour assister à la cérémonie d’un décès de quelqu’un qu’on connait pas pentoute
Merci beaucoup pour cette explication ! Je vais m’coucher moins con
Nonon! Pas moins con! Plus intelligent qu’on dit!
Ça c’est vraiment très intéressant. Ça me rappelle que j’ai bien des informations du genre, sur d’autres sujets, que je pourrais publier sur mon blogue. Merci de la motivation
D’abord Claudia je suis très heureuse de te relire!
Et j’aime bien le look d’été!
Très intéressant ces infos…Diable, je suis passée à côté de plein de rituels de passage avec mes enfaats finalement. Mouin…