«Les blancs parlent trop» 8 avril 2008
Posted by Claudia in Anthropologie, Bulle d'air, Culture et mode de vie québécois, Divers, Je-me-moi, Réflexions.trackback
Plusieurs personnes dans le monde s’entendent sur ce fait; nous sommes de vrais moulins à parole. On ne laisse pas autrui réfléchir par lui-même, on l’inonde d’informations qu’il doit démêler, comprendre et peut-être lui permettre de faire sa propre opinion… opinion qui serait fondée si les informations que nous lui avions données étaient de l’information pure, simple, objective; bref, que des faits. Mais vous vous en douterez; jamais qu’on est capable de communiquer quelque chose seulement avec des faits sans émotions ni commentaire ni un brin d’opinion personnelle; et même dans les médias qui sont sensés de rapporter QUE des faits.
Les blancs? De vrais moulins à parole. On dirait qu’ils veulent toujours transférer tout leur savoir en même temps dans la tête de l’autre. Ils réfléchissent peu et parlent trop. S’ils veulent nous expliquer quelque chose, qu’ils nous disent que l’essentiel et on déduira par nous mêmes…
Quand j’ai entendu ça, j’ai ris. J’ai ris parce que c’était totalement vrai et j’en avais quasiment honte. Regardez ce que je fais en ce moment. Je vous parle! En fait, je vous écris. Je vous déblatère plein de trucs en essayant de vous expliquer quelque chose. Expliquez quoi au juste? Sur quoi je veux vous (me?) faire réfléchir?…
On parle trop. C’est clair. En plus, on se donne le mot d’ordre comme quoi la communication serait la clé du succès pour une relation saine avec les autres. Et si on était dans le champs? Est-ce que trop parler sert effectivement à rien?… Je me dis qu’à quelque part, on doit SOUVENT perdre l’essentiel d’un discours, le petit chemin directionnel de réflexion. Mais il faut toujours, ou presque, qu’on s’attarde sur des trucs inutiles parce qu’elles ont été dites pour rien; tsé, “dites” juste pour combler le silence -le vide- qui, majoritairement, nous gêne.
Je me souviens, un jour, je parlais avec mon meilleur ami en nous rendant chez lui. Il parlait, parlait… moi, j’avais rien à dire de spécial, j’étais bien comme ça à marcher avec lui, au soleil et tout… bref. Un moment donné, il se fâche (oui, il se fâche) : «Coudonc Claudia! T’as rien à dire? Me semble que depuis tantôt j’arrête pas d’essayer de trouver des sujets de quoi parler pis t’embarque pas! [...]» Je dois vous avouer qu’à partir de ce moment, il y a eu un espèce de déclic, un ”Clau, on fait pas ça en société (Lire: on fait pas ça dans ta culture)” qui me disait : «Claudia, dit de quoi, n’importe quoi, autant que tu parles pour pas qu’il y ait de silence. C’est gênant le silence.» … Depuis ce temps, je parle souvent pour rien dire (surtout avec des amis de longues dates). Pourtant, j’étais bien dans le temps que je ne parlais pas pour rien au risque de me faire traiter de poche, timide, ou tout autre qualificatif qui ne colle pas du tout à ma vraie personnalité. Mais il a fallu que je me plis à ma société pour plaire, pour avoir le comportement «correct». Oh oui, je vous entends déjà dire que j’avais tout de même le choix et tout… mais c’est une autre notion qui mériterait un billet à lui seul ; )
Ha! C’pas drôle. Les québécois parlent et chialent trop! Hihi.
Merci d’avoir pensé à moi!
Mais je trouve un peu réducteur le fait que tu l’écrives en terme de « blanc »…
Je suis peut-être dans le champ, mais je n’irais pas dans ces eaux-là pour généraliser sur la culture québécoise. Surtout quand le but ultime est d’avoir une culture inclusive.
Alors, la question que je pose : à quoi les nouveaux arrivants vont-ils s’accrocher dans le processus de mimétisme?
pour avoir cotoyé quelques africains, ils parlent beaucoup plus que nous, élaborent plus leur sujet, tourne autour du pot c’est presque étourdissant par moment
Les anglo-saxons parlent moins plus conscis, direct au but
Tiens, qu’est-ce que je disais?… Hé hé!
Autant je déblatère ici…
Autant j’adore les moments de silence dans la vie en général
Je pense que c’est une question de personnalité avant tout, plus que de culture.
Je suis d’accord avec Noisette Sociale “c’est une question de personnalité” de tempérament et d’humeurs aussi.
C’est le malaise des silences. La peur des silences, de ce qu’il pourrait y avoir dessous. Combler le silence, c’est rassurant pour beaucoup. Pour d’autres, comme moi, c’est gazant.
Ma mère avait peur du silence, ça la rendait mal à l’aise. Alors elle parlait, parlait…Mon père et moi on se taisait…
C’est pourtant bon le silence…