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Vivre dans le temps, ou l’espace? 21 mars 2008

Posted by Claudia in Anthropologie, Culture et mode de vie québécois, Divers, Environnement, Réflexions, Sémiotique de la culture.
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Plusieurs sociétés vivent en fonction du temps; les gens se lèvent à une heure précise, partent de chez eux à une heure précise, se rendent au boulot à une heure précise, reviennent à une heure précise, vont à leurs rendez-vous à des heures précises, mangent à des heures précises (ou plutot moments précis!)… Bref, vous reconnaissez-vous?
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Dans l’un de mes cours, celui sur la Sémiotique de la culture (’savez, l’étude des signes/symboles?), ma professeur nous a raconté une bonne anecdote pour nous illustrer que, dans d’autres cultures et endroits dans le monde; les gens ne vivent pas en fonction du temps mais en fonction de l’espace. Mais, c’est quoi exactement vivre dans l’espace?… Je vais tenter de vous raconter, en gros, l’anecdote en question :
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Un jour, ma prof était avec quelques amis aborigènes en Australie. Ils devaient se rendre dans un village à plus ou moins 500 km de là en voiture pour une raison quelconque. Donc, le premier réflexe de ma prof était de calculer approximativement le temps que ça va prendre pour se rendre à destination « Bon, les routes sont pas si mal. Il fait beau, on est pas dans la saison des pluies. La voiture va bien, si on roule à 80km/h *calcule* on devrait être là pour 6 heures environs! ». En fait… le voyage pour se rendre a pris… 4 jours, oui, 4 jours quand en théorie, ça nous aurait pris quelques heures pour s’y rendre. Qu’est-ce qui s’est passé? Oh oui, bonne déduction, la voiture a eu un problème, entre autre. La première journée, ils ont eu une crevaison; mais au lieu de la réparer tout de suite, ils ont décidé de camper à cet endroit pour repartir seulement le lendemain. Oh, nonon, ils avaient tous les outils nécessaires pour réparer la crevaison sur le moment, mais étant donné qu’ils vivent selon l’espace (et que les ancêtres font partis de leur quotidien), ils se sont dit : «Si nous avons eu un problème comme ça, ici, avec la voiture; c’est qu’on veut forcément nous communiquer quelque chose à cet endroit précis. Sinon, si jamais on remarque rien, on repartira demain.» Le lendemain, ils ont repris la route. Pendant le trajet, un jeune enfant qui était avec eux, dormait dans la voiture. Mais soudain, il se réveille en pleurant. Donc, ils arrêtent la voiture et prend la réaction de l’enfant au sérieux : «Si l’enfant s’est réveillé comme ça en pleurant, probablement qu’un ancêtre a voulu communiquer quelque chose, lorsqu’on est passé ici, à travers lui.» Alors, ils ont encore campé, ils ont attendu pour interpréter les signes possibles, un message, pour ensuite repartir. Ils ont arrêté aussi quelques fois pour chasser, se reposer, etc. Et ça été comme ça tout le long du voyage.
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Donc, le but premier des amis aborigènes de ma professeur n’était pas d’arriver au plus vite dans ce village, surtout qu’il n’avait rien d’urgent. Ils vivent selon ce que leur environnement leur apporte; ils ne fonctionnent pas sous le mode “Le temps, c’est quelque chose de précieux”. Leur environnement est un monde de signes qu’ils doivent interpréter pour vivre, en quelque sorte.
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Il y a, apparemment, encore plusieurs populations autochtones en Amérique qui fonctionnent comme cela aussi, en fonction de l’espace. Et disons que ça donne un peu plus de boulot pour les hommes politiques qui fixent des rendez-vous avec eux pour finalement y voir aucun individu, ou presque, convoqués à ces fameux rendez-vous… Ha! Non, ce n’est pas parce qu’ils s’en foutent, mais simplement que l’homme politique ne comprend probablement pas que ces autochtones ne vivent pas en fonction du temps et que c’est UN PEU inutile de leur imposer un rendez-vous… M’enfin! Deux visions! =]

Commentaires»

1. lecalligarphe - 21 mars 2008

Je rajoute une autre catégorie de gens qui vivent dans un monde ni espace ni temps où tout se mesure à 1 et 0…………Le cyberespace!

2. Claudia - 21 mars 2008

Haha! Clair.
Je pense qu’il en a une fichu coupe dans le monde qui capotterait s’il fallait que l’Internet disparaisse.

3. Y-man - 22 mars 2008

je sais que les Africains ont une conception du temps différente de la notre mais je ne savais pas que les aborigènes australiens ont une conception de l’espace qui prime sur le temps.
C’est un concept difficilement intégrables dans une société Occidentale comme la notre qui est basé sur le temps et surtout sur le temps qui est de l’argent. C’est le choc de deux cultures

4. Tite-Nouille - 3 avril 2008

Bon, je ne t’apporte pas une étude poussée là mais dans ma ville, il y a 2 réserves d’autochtones. Chéri en a 2 comme collègues. Des fois, ils se donnent rendez-vous pour aller faire du 4 roues. Et bien ce sont toujours ceux qui arrivent en retard voire même pas pantoute. Ils n’ont pas de montres et s’en foutent complètement, ils vivent pas à la minute près, ils font ce que ça leur dit quand ça leur dit. C’est sur que ceux qui ont des emplois doivent se forcer un peu là mais en général c’est comme ça.