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Prénoms, noms et surnoms. 17 janvier 2008

Posted by Claudia in Anthropologie, Parenté et organisation sociale.
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Dans le cadre de mon cours sur la parenté et l’organisation sociale, la Mamzelle Roumaine nous a recommandé de faire quelques lectures pour la semaine prochaine dont une quarantaine de pages du livre Introduction à l’étude de la parenté par Christian Ghasarian. Selon elle, c’est un excellent ouvrage qui survole tout l’aspect de la parenté afin d’avoir une bonne base pour l’aborder en classe… et je comprends donc.
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Ce qui a pu retenir mon attention; c’est l’attribution des prénoms, noms et surnoms ailleurs dans le monde. Vous déduirez ici que ce n’est pas toutes les régions du globe qui fonctionnent sous le principe du Prénom + Nom de famille du père (et/ou de la mère). Commençons par nos petits voisins États-Uniens; ce qui est très courant là-bas, par exemple, c’est de donner les noms du père à son fils. Un peu comme George W. Bush père, et fils (le président actuel). Chez les Mnong Gar au Vietnam, ils peuvent avoir un autre nom d’une personne avec qui ils sont très liés, en plus de leur nom actuel. Pour vous expliquez clairement, si je reprend l’exemple du livre, supposons que Kroong est le mari de Joong, on l’appellera Kroong Joong. Quant à sa femme, elle s’appellera Joong Kroong. Pour ce qui est du système tamoul, le second nom de la personne sera en fait le sien (le prénom en Occident); le premier est celui du père. Par exemple, si Papa s’appelle Ganesh Perumal, il pourra appeller son fils P. Venkaram (P. étant Perumal, Venkaram le «vrai» prénom du fils).
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Chez les Matis, on utilisera des surnoms au lieu du nom qui représenteront en général une caractéristique personnelle de l’individu ou un souvenir important qui le relie; habituellement, les surnoms sont un peu péjoratifs. Par exemple, un homme ayant tombé d’un cocotier lors d’une récolte a été appellé Parasu qui signifie Parachute.
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Et ce que j’ai trouvé le plus spécial, c’est le système des Inuits. Lors de la naissance, ils font la liste de trois ou quatre prénoms potentiels pour l’enfant qui seront la plupart du temps, le nom d’un ancêtre. Ils choisiront de préférence, le dernier décédé durant l’année. Les Inuits croient qu’en attribuant un nom d’un de leur ancêtre à leur enfant, le rejeton héritera des qualités et des défauts de ce dernier. Bref, une espèce de réincarnation de l’ancêtre. Jusqu’à l’adolescence, même si une jeune fille a eu le nom de son grand-père, ses parents l’appelleront «mon père». Ce qui empêchera en quelque sorte aux parents de critiquer leur enfant parce qu’ils croiront que c’est l’esprit du mort qui s’incarne en lui. Mais après la puberté, ils considèrent que le jeune en question n’est plus influencé par l’esprit et peut finalement avoir une personnalité propre à lui et devenir un adulte responsable. Vous devinerez qu’avec cette utilisation quasi abusive des noms des ancêtres, il se crée des groupes plus ou moins nombreux d’individus ayant le même nom! Hé bien, ces personnes se devront une assistance -une aide- mutuelle, qu’ils soient parentés de «sang» ou non, et ils règnent ainsi une grande solidarité entre les familles d’une région Inuit. « C’est le fun, han?»

Commentaires»

1. La Fêlée - 17 janvier 2008

ahhh encoooore. J’aurai jamais le temps ni l’intérêt pour lire tout ces bouquins, alors un condensé, un résumé, je suis aux anges. J’aime observer la “mutation” du nom dans la généalogie, j’aime connaître l’origine du nom. C’est un résumé intéressant que tu nous as fait là. ‘ci !

2. Y-man - 17 janvier 2008

sérieusement j’ai trouvé cet article hyper-intéressant, j’espère qu’il va en avoir d’autres articles qui seront aussi anthropologiquement intéressant

3. fabien - 18 février 2008

Bonjour, juste signaler que les Inuit ne “croient” pas “qu’en attribuant un nom d’un de leur ancêtre à leur enfant, le rejeton héritera des qualités et des défauts de ce dernier”. Je veux dire, essaye deux secondes de prendre le point de vue des Inuit (puisque c’est l’exemple): “les Blancs croient qu’en attribuant un prénom qu’ils aiment et qui particularise leur enfant, celui-ci deviendra une personne originale et sans équivalent de par le vaste monde. Bien sûr, leurs capacités cognitives peu développées les empêchent de se rendre compte de la valeur et de la puissance du nom, ce qui les force à développer cette croyance, à défaut de pouvoir expliquer les choses rationnellement”. Bon, c’est pas très inuit comme phrase, mais il faudrait peut-être éviter le mot croire quand on a tendance à ne l’appliquer qu’aux autres : “les autres croient, nous savons”.
Deuxième point: les Inuit ne font sûrement pas un usage “abusif” de cette pratique. Même renversement: “Vous devinerez qu’avec cette utilisation quasi abusive de noms qui n’ont appartenu à personne d’important dans la famille, il est impossible de créer des groupes d’individus reconnaissant que leur nom peut avoir une valeur les dépassant. Hé bien, ces personnes sont ensuite incapable de se prêter assistance, créant ainsi une grande anomie entre les familles d’une même région. « C’est le fun, han?» ”
Heureusement, un anthropologue inuit a depuis découvert qu’en réalité, ces affirmations péremptoires concernant la nomination blanche (il souligne d’ailleurs à quel point ce terme est impropre, étant donné la grande diversité régionale et culturelle qui prévaut dans l’aire culturelle Blanche) devaient être nuancées en tenant compte du Nom de famille, ce qui bien sûr lui demandait de s’abstraire, autant que faire se peut, de ses propres valorisations et préjugés.

4. Claudia - 19 février 2008

Bonjour Fabien!
D’abord, merci de votre (ton?) intervention.

J’aimerais tout d’abord vous précisez que je vulgarise ce que j’apprend par l’intermédiaire de mes lectures et de mes cours en classe. Mon blog n’est pas adressé aux anthropologues dans le domaine mais plutôt adressé au grand public. Il est donc évident que vous retrouverez des simili preuves d’ethnocentrisme dans ce que j’écrirai par ces informations “grasses”.

Si je voulais parler de la culture Occidentale, bien que j’en fasse partie, j’utiliserais également le mot “croire” si je la comparais à une autre culture différente que la mienne (Ex: Blabla pense que X. Nous, on croit que Y). Je ne considère pas la mienne comme étant la vérité “absolue” ou plus “rationnelle” qu’une autre. Parce que chaque culture “croit” et on ne sait pas qui, en réalité, a raison.

Suffis de parler un peu de la sémiotique de la culture et de tout ce que l’on peut faire comme interprétation de chaque chose : et par cet intermédiaire, on peut même douter de la science en général, car elle interpréte tout de SA façon en prétendant détenir la vérité absolue… Ce qui est très drôle si on se concentre sur un phénomène et que 15 théories différentes sortent de nul part et qui semblent toutes aussi logique les unes que les autres.

Bref, je n’ai JAMAIS voulu dire que les Inuits étaient inférieurs, que leurs raisonnements étaient illogiques ou pour répondre par vos propres mots, qu’ils auraient des capacités cognitives peu développées.

Si je vous ai choqué, insulté, offusqué, ou engendrer un malaise quelconque, je m’en excuse.

Merci de votre visite et merci aussi, encore une fois, pour votre commentaire.
Probablement que d’autres personnes ont pu avoir la même réaction que vous en me lisant. Et je m’excuse aussi à ces derniers si c’est le cas.